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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 22:09

Soliman Ier, en turc Süleyman Ier Kanunî, « le Législateur », surnommé le Magnifique par les Occidentaux

 

(Trébizonde 1494-Szigetvár, Baranya, Hongrie, 1566), 10e sultan ottoman (1520-1566), fils et successeur de Selim Ier.

Avec l’aide de son grand vizir, il impose les réformes lui valant son surnom turc de « Législateur »(Kanûnî).


Jeunesse, formation et premières années de règne

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d2/Semailname_47b.jpg/220px-Semailname_47b.jpg

 

Soliman le Magnifique

L'éducation de Soliman, fils du sultan Selim Ier, est très soignée et influencée par les mœurs occidentales. À la mort de son père en 1520, Soliman devient sultan. Il a une haute conscience de sa fonction, à laquelle s'ajoute celle, religieuse, de calife. Il est secondé jusqu'en 1536 par Ibrahim Paşa (1493-1536), qui a partagé son éducation et qu'il nomme grand vizir en 1523. La première rébellion fomentée sous le règne de Soliman est celle des Mamelouks, dirigée par Canberdi Gazalî et qui n'aboutit pas : après avoir assiégé Alep, les Mamelouks sont écrasés près de Damas en 1521. C'est ensuite au tour du vizir Ahmed Paşa, déçu de n'avoir pas été nommé gouverneur d'Égypte, de se révolter au Caire ; il est décapité en 1524.

   Puis Soliman affronte les Iraniens ; son armée conquiert l'Azerbaïdjan, puis s'empare de Tabriz (1533) et de Bagdad (1534), qu'il donne l'ordre d'épargner en souvenir des anciens califes. Sous son impulsion, les Ottomans font sentir leur présence jusque dans les lointaines colonies portugaises des Indes, où ils soutiennent la révolte des indigènes et occupent pendant trois mois, en 1538-1539, le comptoir portugais de Diu.

La lutte contre l'Occident

 

 

 

 

Soliman IS

En même temps, Soliman entre en conflit avec l'Occident : grâce au jeu subtil des alliances, il va jouer un rôle de premier plan dans les guerres qui opposent entre eux les princes chrétiens.

   Charles Quint étant l'allié de l'ennemi mortel de Soliman, le souverain iranien (Ismaïl [1502-1524], puis Tamasp [1524-1574]), le Sultan répond favorablement aux avances du roi de France François Ier. Il engage la guerre contre la Hongrie, prend Belgrade en juillet-août 1521 et Petrovaradin avant de battre et de tuer le roi Louis II de Hongrie à la bataille de Mohács (29 août 1526).

   L'envoyé de François Ier, Antonio Rincon, un ancien « comunero » espagnol passé au service du roi de France, négocie en 1528 un avantageux traité commercial avec la Porte, qui sera complété en 1536 par les fameuses « capitulations ».

   En Hongrie, la France soutient Jean Zápolya, le voïvode de Transylvanie, vassal de Soliman II, contre les Habsbourg. Au cours de l'été 1529, le Sultan s'empare de Buda (Budapest), dont la chute prélude à la mainmise des Turcs sur toute la Hongrie. Il songe même à un moment à s'emparer de Vienne, qu'il assiège, mais sans succès (septembre-octobre 1529).

   Après la mort de Jean Zápolya en 1540, il se heurte au roi de Bohême et de Hongrie Ferdinand Ier de Habsbourg (1526-1564) et annexe la Hongrie à son empire, la Transylvanie étant laissée au fils de Jean Zápolya, Jean-Sigismond. En 1547, un accord est conclu entre lui et Ferdinand, qui laisse à l'empereur la Hongrie occidentale moyennant le versement d'un lourd tribut annuel au Sultan. Plus tard, des contestations s'étant élevées à ce sujet, la guerre reprend entre les Turcs et le nouvel empereur d'Allemagne, Maximilien II. Soliman II se rendra de nouveau en Hongrie, mais, au cours de la campagne, la maladie l'emportera.

   Non content de mener la lutte sur terre, le Sultan s'efforce d'établir sa domination sur tout le bassin méditerranéen. Pour arriver à ses fins, il entretient à Pera, le port de la capitale, à l'imitation de Venise, un arsenal de plus de cent galères munies d'une imposante artillerie. Il prend à son service des pirates des archipels grecs, qui fournissent l'Empire d'esclaves chrétiens enlevés sur les côtes de la Méditerranée.

   L'objectif militaire le plus important que se fixe Soliman, c'est Rhodes, véritable forteresse qui commande la Méditerranée orientale et d'où les chevaliers hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem menacent pèlerins et marchands musulmans. Dès la seconde année de son règne, en juillet 1522, le Sultan vient mettre le siège devant Rhodes à la tête d'une flotte et d'une armée considérables. Malgré la résistance du grand maître Philippe de Villiers de L'Isle-Adam (1464-1534), les chevaliers doivent capituler ; le 29 décembre 1522, Soliman fait son entrée dans la ville de Rhodes.

 

François Ier (gauche) et Soliman (droite) initièrent une alliance franco-ottomane à partir des années 1530.

   En Méditerranée occidentale, des corsaires turcs soutenus par Soliman luttent contre les Espagnols. Ils réussissent à contrôler les ports d'Afrique du Nord, à l'exception de Tunis, repris aux Turcs par Charles Quint en 1535.

   Lorsque Soliman le Magnifique disparut en 1566, il avait fait de l'Empire ottoman la puissance prépondérante en Europe. Il avait donné à ses possessions, qui s'étendaient des frontières de l'Autriche au golfe Persique et de la mer Noire au Maroc, un code de lois communes, le Kanunname, qui lui valut le surnom de Kanunî (le « Législateur »). Lettré et artiste, il rédigea un Divan, recueil de poésies, et embellit Istanbul et Andrinople (Édirne).

 

      Sous l'influence de Soliman, l'Empire ottoman entra dans un âge d'or culturel. Des centaines de sociétés artistiques impériales (appelées Ehl-i Hiref, « communauté des Talentueux ») étaient administrées depuis le palais impérial de Topkapı. Après un apprentissage, les artistes et les artisans pouvaient monter en grade au sein de leur confrérie et recevaient des salaires très élevés. Les registres de salaires qui nous sont parvenus témoignent de l'étendue du mécénat artistique de Soliman, le plus ancien de ces documents date de 1526 et recense 40 sociétés avec plus de 600 membres. Le Ehl-i Hiref attirait les artistes les plus talentueux de tout l'Empire, à la fois du monde islamique et des territoires conquis d'Europe. Le résultat est un mélange des cultures européennes, turques et islamiques44. Les artisans au service de la cour regroupaient des peintres, des fourreurs, des bijoutiers et des orfèvres. Alors que les précédents souverains avaient été influencés par la culture iranienne (le père de Soliman, Selim Ier écrivait des poèmes en persan), le mécénat artistique de Soliman a permis à l'Empire ottoman de construire son propre héritage artistique45.

Soliman était lui-même un poète accompli, écrivant en persan et en turc sous le nom de Muhibbi (Amoureux). Lorsque son jeune fils Mehmed mourut en 1543, il composa un émouvant chronogramme pour commémorer l'année : Sans égal parmi les princes, mon sultan Mehmet4647. Parmi les grands poètes du règne de Soliman, on peut citer Fuzûlî et Bâkî. L'historien de la littérature E. J. W. Gibb observe qu'à aucun moment, même en Turquie, il n'y eut plus d'encouragement envers la poésie que sous le règne de ce Sultan"46

Soliman est également renommé pour avoir soutenu une série de monumentaux développements architecturaux dans son empire. Le Sultan chercha à transformer Constantinople en centre de la civilisation islamique avec une série de projets dont des ponts, des mosquées, des palais et divers établissements sociaux. Les plus grands d'entre eux furent bâtis par l'architecte en chef du Sultan, Sinan, grâce auquel l'architecture ottomane atteignit son apogée. Sinan devint responsable de plus de 300 monuments dans tout l'empire dont ses deux chefs-d'œuvre, la mosquée Süleymaniye de Constantinople et la mosquée Selimiye d'Adrianople qui fut achevée sous le règne de Selim II, fils de Soliman. Soliman restaura également le dôme du Rocher et les murs de Jérusalem (qui forment aujourd'hui les murs de la vieille ville de Jérusalem) ainsi que la Kaaba de La Mecque

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