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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 09:21

Le blanc édifice du Sacré-Cœur surplombe majestueusement Montmartre. Construite sur la butte du quartier le plus populaire et le plus pittoresque de Paris, elle s'élève à 129 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le parvis de la basilique permet d'apprécier un magnifique panorama de la ville de Paris mais, au sommet de son dôme, il est possible d'observer les paysages de la capitale à 50 km à la ronde. Un point de vue qui en fait le plus haut de Paris après celui de la Tour Eiffel.
Le Sacré-Cœur se situe au 35, rue de Chevallier dans le 18ème arrondissement ou par le métro ligne 2 arrêt Anvers.

sacre-coeur1.jpg

La construction du Sacré Coeur fut un véritable roman et pour mieux comprendre, il faut se re-situer dans le contexte historique de 1870. C’est « l’Année Terrible », de juillet 1870 à mai 1871. Après la défaite de Napoléon III à Sedan, le peuple de Paris subit un siège terrible et interminable.

Il subit le froid et la faim. Les chiens, les chats, les rats, les corbeaux ... et les animaux de la ménagerie du Jardin des Plantes servent de nourriture aux Parisiens. Napoléon III prisonnier des Prussiens capitule, les émeutes de la Commune de Paris ne font qu’ajouter massacres et misère.

Une bonne partie des catholiques considérait que tout cela était une punition divine et le Clergé invita les fidèles à de grandes manifestations de foi et d’expiation. Alexandre Legentil et son beau-frère Hubert Rohaut, riches bourgeois dévots font le voeux d’ériger une église dédiée au Coeur de Jésus à Paris. Ils proposent en janvier 1871 un Voeu National ainsi libellé :

« En présence des malheurs qui désolent et des malheurs plus grands peut-être qui la menacent nous reconnaissons que nous avons été coupables et justement châtiés. Pour faire amende honorable de nos péchés et obtenir de l’infinie miséricorde du Sacré-Coeur de Notre Seigneur Jésus Christ, le pardon de nos fautes, nous promettons de contribuer à l’érection à Paris d’un sanctuaire dédié au Sacré-Coeur de Jésus »

Le 18 janvier 1872, l’archevêque de Paris Mgr Guibert approuve le projet et le 5 mars 1873 il adresse une lettre au ministre des Cultes demandant « qu’un temple élevé pour rappeler la protection divine sur la France et la Capitale, soit placé sur un lieu qui domine Paris et puisse être vu de tous les points de la Cité »

Le choix de Montmartre

 

Plusieurs paroisses auraient voulu voir cette construction sur leur sol, le choix de Montmartre était favorable pour plusieurs raisons. La hauteur d’abord, puis c’est ici que se situe le Martyre de Saint Denis et que Saint Ignace de Loyola a fondé l’ordre des Jésuites en compagnie de Saint François Xavier.

Mais où placer cette église ? A mi-hauteur, les Jésuites ont déjà racheté les terrains pour construire un sanctuaire, en haut de la butte, il y a la vieille église Saint Pierre... En 1872, Mgr Guibert visitant les lieux a une vision émerveillée, il découvre Paris tout entier baigné de soleil : « c’est ici que le Sacré-Coeur doit régner afin d’attirer tout à Lui » Une basilique sera construite à côté de la vielle église !

Reste à acquérir les terrains qui appartiennent à une quinzaine de propriétaires et à la ville de Paris qui possède un terrain appelé Champ des Polonais sur lequel étaient regroupés des canons et des munitions pour les soustraire aux Prussiens. Thiers ordonne aux troupes de s’en emparer, cette opération déclenchera les émeutes de la Commune.

Ces événements passés, la seule voie possible pour libérer les terrains et mener à bien le projet , était que l’Assemblée Nationale déclare d’utilité publique la construction de cette église. Le 11 juillet 1873, Emile Keller dépose un projet de loi visant l’expropriation au profit de l’Etat, des propriétaires concernés. Le 24 juillet 1873, l’expropriation publique fut adoptée par 393 voix contre 164. Le projet pouvait maintenant se réaliser.

construction.jpg

Pour la construction du Sacré-Coeur, un concours est organisé. Charles Garnier, architecte de l’Opéra de Paris, est membre du jury. Paul Abadie, âgé de 62 ans remporte le concours, face à soixante-dix-huit candidats. La construction proposée est de style Romano-byzantin qui s’inspire de Sainte-Sophie de Constantinople ou San-Marco de Venise.

La première pierre sera posée le 16 octobre 1875. La fragilité du sol formé par les carrières de gypse, obligèrent Abadie à faire d’énormes travaux de fondation : 83 puits de 33 m de profondeur, remplis de béton et reliés par des arcs furent coulés, ce qui fait dire à certains que c’est la basilique qui soutient la Butte Montmartre et non le contraire !

En 1878, début des travaux de la crypte qui a une superficie égale à celle de la basilique, et c’est en 1881 que commencèrent les travaux du Sacré-Coeur proprement dit. La façade est construite en calcaire de Château-Landon, qui blanchit avec l’âge et le contact avec les eaux de pluie.

Issue des carrières de Souppes, cette pierre a la propriété de fabriquer du calcin, substance qui donne à l’édifice cette incroyable blancheur.

Paul Abadie meurt en 1884 et cinq architectes vont se succéder et plus ou moins dénaturer le projet initial. Le dernier architecte Louis-Jean Hulot achèvera le campanile et la sculpture monumentale de la basilique. Le Sacré-Coeur mesure 85 m de long, sur 35 m de large.

Au fronton, dans une niche, on peut voir la statue de Jésus, montrant son coeur et signée Gustave Michel. Sur les contreforts du porche deux statues équestres d’Hippolyte Lefebvre représentent Jeanne d’Arc, et Saint Louis, symbole de sainteté et de justice, brandissant son épée la couronne d’épines.

L’intérieur du Sacré-Coeur

L’intérieur est aussi de style romano-byzantin : la nef présente un plan carré, le choeur entouré de 7 chapelles est surplombé d’une vaste coupole haute de 55 m et de 16 m de diamètre.



On y trouve la plus grande mosaïque du monde (475 m2 ) Elle représente le Christ glorifié par l’Eglise et la France. Il est au centre, vêtu de blanc, debout, bras étendus. A sa base, on peut lire une inscription latine qui signifie « au coeur très saint de Jésus, la France fervente, pénitente et reconnaissante ».

Cette mosaïque a été conçue par Luc-Olivier Merson, et exécutée par les ateliers Guilbert-Martin. Le dallage du choeur est composé d’un entrelacs de marbre et de mosaïque, les sièges et accoudoirs sont en teck surmontés de fine marqueterie découpée dans 17 bois différents. Par un escalier en colimaçon, vous pouvez gravir les 237 marches qui mènent à la galerie du dôme et profiter d’une vue plongeante sur le choeur et à l’extérieur, d’une vue panoramique sur Paris. A plus de 200 m de hauteur, par temps clair, la vue s’étend sur 50 km à la ronde.

A l’entrée du déambulatoire on peut admirer une statue en argent de la Vierge et de St Antoine de Padoue. Dans la chapelle de la Vierge, un autel en marbre de Carrare est surmonté d’une importante statue de Notre Dame de la Paix de G. Serraz.

Dans la crypte un large promenoir sur lequel s’ouvrent 14 chapelles, permet d’accéder au Trésor et à la chapelle de la Pietà où reposent les Cardinaux Guibert et Richard.

Le campanile haut de 84 m est couvert d’un dôme conique, et renferme la plus grosse cloche de France. Elle se nomme la Savoyarde. Elle a été fondue à Annecy en 1891. Elle pèse 19 tonnes, et son battant pèse 850 kg. Elle a été offerte par la Savoie à la France, pour cette nouvelle église située en haut de la Butte Montmartre, d’où son nom de la Savoyarde.

Les sommes engagées pour la construction étaient importantes mais insuffisantes, en ces temps difficiles. Aussi une souscription fut lancée. Entre 1872 et 1925, près de dix millions de donateurs versèrent l’équivalent de plus de six millions de francs.

Les souscripteurs achetèrent 1 ou 2 pierres de l’édifice. Chaque donateur avait le choix entre 3 modèles : la pierre de taille cachée pour 120 francs, la pierre apparente avec initiale cachée pour 300 francs et les pierres apparentes avec initiales visibles pour 500 francs.

La consécration eut lieu le 16 octobre 1919. Cette église reçoit le titre de Basilique, c’est à dire qu’elle a vocation de pèlerinage . Le Coeur du Christ y est adoré. Une prière s’élève jour et nuit vers Dieu, prières de demande et d’intervention pour le monde. Depuis 1885, des hommes et des femmes se relaient jour et nuit pour que s’élève une prière d’adoration perpétuelle. C’est aussi un haut lieu de pèlerinage, les chapelains et les soeurs bénédictines du Sacré-Coeur accueillent pèlerins et fidèles.

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